Confidences d'un amoureux

 

        Lilou et moi nous sommes rencontrés au lycée, en Terminale. Nos premiers émois, comme tous les premiers émois lycéens furent fébriles et maladroits. Confusément, nous sentions bien qu'une complicité nous unissait. Que nos corps et nos esprits avaient des choses à se dire. Mais il nous a fallu du temps, beaucoup de temps pour que ça se réalise. Et au plus profond de moi, j'espère qu'aujourd'hui encore ils ne se sont pas tout dit.

      Au fil des mois et des années, nous avons appris à nous connaître, à nous apprivoiser, à communiquer. Nous nous sommes embarqués dans les mêmes trains sans se préoccuper de leurs destinations mais simplement pour admirer les paysages. Et les paysages traversés ont été merveilleux, si merveilleux qu'à une époque, je me suis mis à consigner mes sensations parce que j'avais peur de les oublier, d'oublier leur intensité. Il y a quelques mois, je me suis penché de nouveau sur ces notes pour y mettre un peu d'ordre. Aujourd'hui je vous en livre une partie, celles relevées à la suite de soirées "coquines" sans doute parce que ce sont celles qui reflètent le mieux les chemins que nous avons empruntés.

"Tous les chemins que nous avons parcourus côte à côte nous ont permis de tisser des liens de plus en plus profonds. À tel point qu'aujourd'hui, j'ai souvent l'impression que nous ne formons qu'un seul et unique être. Même si j'ai toujours mon côté fille et Enzo son côté garçon…"

      La première fois que nous avons passé une soirée dans un sauna libertin, nous étions plutôt angoissés. Nous avions vaguement une idée de ce qu'il pouvait s'y dérouler mais pas vraiment, Internet n'en était qu'à ses balbutiements et il était bien difficile de s'informer sur ce genre de lieu. Alors, Lilou a appelé, pour savoir. On lui a simplement répondu que c'était naturiste. Quand nous sommes arrivés, on nous a expliqué le fonctionnement : les bains à gauche, le vestiaire et les "cabines de repos" à droite. Il y avait peu de monde. Les gens étaient détendus, nous avons pas mal discuté, notamment avec un jeune couple qui partageait le jacuzzi avec nous. Nous avons parlé de la pluie, du beau temps, des enfants… Un peu plus tard dans la soirée, la plupart des couples présents ont commencé à faire l'amour dans les jacuzzis. Lilou ne semblait pas vraiment inspirée. J'ai essayé de m'installer avec elle sur un sofa pour regarder mais elle trouvait que ça faisait trop "voyeur". Nous sommes retournés dans un jacuzzi où nous étions seuls. Je me suis approché mais elle m'a fait comprendre que ça ne la "branchait" pas du tout. Je crois que je l'ai rarement vue aussi tendue.

"La première fois, j'étais très angoissée. J'avais l'impression que j'allais faire des choses interdites. Je n'ai compris que bien plus tard que je ne faisais de mal à personne et surtout pas à moi, car j'y prenais du plaisir. Et j'en donnais à Enzo. Alors, tant qu'on reste en accord avec soi même et avec son compagnon, où est le mal ? Mais cette première sortie a été bien difficile. J'avais très peur des "mains baladeuses" qu'il aurait fallu que je repousse, peur de me retrouver face à des situations me prenant au dépourvu, peur de me trouver obligée de faire alors que je n'étais pas d'accord. J'ai vraiment vécu cette première fois comme un "round" d'observation. Je pense que nous avons eu la chance de tomber sur des couples très soft, pas du tout envahissants, ce qui n'a pas toujours été le cas par la suite."

      La deuxième fois s'est déroulée à peu près de la même manière, nous sommes restés très passifs. Cela ne nous a pas empêché de profiter de la chaleur du sauna, de la moiteur du hammam et de se relaxer dans les bains. C'est au cours de notre troisième sortie que quelque chose s'est produit. Lilou s'est brusquement détendue sans que je puisse dire pourquoi. Je me souviens très bien de ce moment, nous étions dans le hammam, assis côte à côte les yeux clos. J'ai senti sa main s'immiscer entre mes cuisse et saisir mon sexe. Il y avait des couples qui nous faisaient face mais ça n'avait pas l'air de la gêner outre mesure. J'ai gardé les yeux fermés, ses caresses étaient douces. Ensuite, nous sommes allés dans un jacuzzi. Encouragé par l'expérience du hammam, je lui ai demandé si elle serait prête à continuer. Elle a hoché la tête pour me donner son assentiment. Je me suis assis sur le bord du bain et elle m'a pris dans ses lèvres. J'avoue que pour le coup, j'ai gardé les yeux grands ouverts. Sans vraiment trop y croire, je lui ai demandé si elle voulait qu'on inverse les rôles. Et comme souvent avec les filles, la réponse qu'elle me fit ne fut pas celle que j'attendais. Quelle surprise. Vous n'imaginez pas. J'ai bien essayé de masquer l'effet qu'elle venait de produire mais mon œil devait traduire mon étonnement. Elle s'est assise à son tour et c'est moi qui me suis penché entre ses cuisses. Je n'avais jamais osé l'imaginer ainsi, écartée, offerte aux regards. Il y avait peu de monde ce soir là. Ça l'a certainement aidée. Je la revois aussi, ce même soir et dans ce même bain assise sur moi. Nous étions seuls mais un autre couple nous a rejoint et elle a échangé quelques mots avec eux, discutant, plaisantant avec le plus grand naturel, alors que j'étais en elle. C'est ce soir là aussi que pour la première fois de sa vie, elle s'est repue de ma semence.

"Il m'a fallu un deuxième temps d'observation pour me rendre compte qu'on ne faisait que ce qu'on avait décidé. Rien n'était forcé. C'est pour cela qu'à notre troisième "visite", j'ai abordé les choses de manière plus détendue. J'ai aussi senti qu'Enzo était prêt à passer un cap et qu'il pouvait m'aider à le passer avec lui. Les vapeurs du hammam m'ont beaucoup facilité la tâche car elles dissimulent un peu les corps. Comme j'ai trouvé cela très agréable, j'ai pu continuer dans les jacuzzis à me consacrer à son sexe. C'est pour moi toujours très excitant de sentir sa queue battre dans ma bouche. Sa jouissance m'a semblée divine, à tel point que pour la première fois je l'ai avalée avec délectation. Le peu de monde présent au sauna ce soir là et mon excitation extrême m'ont permis de m'enfermer dans une bulle nommée plaisir. J'ai bien senti sur le chemin du retour que quelque chose avait changé en moi, que j'avais découvert de nouvelles sensations grâce à Enzo. Nous avons pu, par sa patience, franchir différents paliers main dans la main. Il aurait peut être pu les franchir plus vite mais c'est un être délicat et généreux et il a su me donner du temps."

      Depuis, nous sommes retournés à plusieurs reprises dans ce sauna. Je ne me souviens évidemment pas de toutes ces soirées mais je garde en mémoire certains instants qui, il faut le croire, ont éveillé en moi un sentiment plus vif. Je nous revois un soir dans le hammam, nous étions seuls et elle me caressait doucement. Un autre couple est entré. Lilou a continué tranquillement ses cajoleries. La fille est venue s'asseoir à côté de moi et très vite son mari s'est mis à la masturber. Plus le temps passait et plus la fille s'ouvrait et gémissait. À un moment donné, j'ai senti ses doigts se poser contre ma cuisse. Je pensais que l'approche du plaisir l'empêchait totalement de se contenir, je ne suis pas habitué aux "codes" échangistes. Comme la belle a vu que je ne m'opposais pas, elle a remonté sa main puis a saisi fermement mon sexe et a répliqué, avec la plus grande application, les allées et venues que lui prodiguait son mari. C'était la première fois qu'une autre femme posait la main sur moi. Je me suis penché à l'oreille de Lilou pour lui demander si on continuait mais elle m'a retourné un "non" assez péremptoire. J'ai délicatement retiré la main de la demoiselle et Lilou a repris ses droits. J'étais un peu confus, je ne savais pas trop si mon refus, a posteriori, avait pu vexer la fille mais visiblement, elle n'était pas trop émue car elle s'est aussitôt accroupie entre les cuisses de son mari pour lui donner ce que je venais de refuser. Un couple était assis face à nous et observait notre manège. Si au départ ils profitaient simplement de la vapeur et du tableau qu'on leur offrait, leurs sens avaient été suffisamment titillés par nos jeux pour qu'ils participent à présent à l'ambiance collégiale qui régnait dans le hammam.

"Cette soirée là a été pour moi la plus "flippante" que j'ai connue avec Enzo. Mais c'est peut être celle qui m'a permis de lui donner ma confiance les yeux fermés. Ce soir là, j'ai compris qu'il ne m'emmènerait jamais sur des chemins que je ne voulais pas fouler. J'avoue que je ne m'étais pas aperçue que cette fille avait posé sa main sur sa cuisse puis sur son sexe. Mon sang n'a fait qu'un tour lorsqu'il m'a demandé si on continuait ou pas. Avec tout l'égoïsme qui me caractérise, j'ai dit non. Je ne me vois pas partager Enzo. Je préfère en rester à de l'exhibition, c'est peut être mon côté fille, un peu cérébral. Je trouve que l'on prend plus de plaisir en écoutant, en imaginant, les yeux fermés. Il y a du plaisir aussi à se sentir observée."

      Je me souviens également d'un soir où un petit couple pensait nous avoir croisé sur Internet. Ils débutaient et cherchaient un couple pour "démarrer". Ils étaient mignons. Je me demandais parfois pourquoi nous n'essayions pas de franchir le pas. Ce même type de situation s'est reproduit une fois suivante. Nous avions opté pour le hammam et un couple venait de s'y réfugier un peu plus tôt. Lorsqu'on nous sommes entrés, la fille était accroupie entre les cuisses de son mari et lui prodiguait mille gâteries. Nous nous sommes assis face à eux, nous nous sommes embrassés puis Lilou s'est penchée sur moi et m'a pris à pleine bouche. En face, le garçon nous observait, il a glissé quelques mots à l'oreille de sa femme qui s'est relevée et s'est assise sur lui. Ils nous ont regardés pendant un long moment, s'échangeant de temps à autre des mots à voix basse. Je pensais que leur insistance allait déranger Lilou, pour nous, la situation était nouvelle, c'était la première fois que des personnes nous contemplaient délibérément pendant nos extravagances, mais ce ne fut pas le cas. Au bout d'un moment, ils se sont levés, pour s'approcher de nous. Là, j'ai compris immédiatement que nous atteignions une limite à ne pas franchir. Nous leur avons donc expliqué le plus gentiment du monde que nous préférions rester entre nous mais leur surprise fut visible. Nous leur avions vraiment donné trop à penser qu'une aventure allait être de mise.

"Encore une aventure où, pour moi, l'observation a été excitante. C'est toujours très délicat de repousser les autres. Mais maintenant, je suis un peu plus au clair avec moi-même sur ce genre de situation. Je vais en soirée pour prendre du plaisir et en donner à Enzo. Tout ce qui peut se passer autour de nous n'est qu'accessoire et ne fait que participer à ce plaisir !"

      Je mets souvent beaucoup de temps à franchir les étapes, pour ne pas brusquer Lilou, pour ne pas me brusquer aussi. Ainsi, je savais pertinemment que donner du plaisir ne lui posait pas de problèmes alors qu'en prendre devant les autres me semblait plus délicat pour elle. Nous en avons discuté un soir et je compris que l'initiative m'en incombait. L'occasion s'est présentée quelques semaines plus tard. Nous étions assis dans les vapeurs d'eucalyptus, un monsieur nous faisait face. Sa cuisse était posée sur la mienne. Ma main glissait sur ses jambes moites et à chaque voyage, mes doigts se rapprochaient de ses chairs les plus intimes. Son souffle s'est alourdi, ses yeux se sont fermés. Elle me donnait un accord tacite. Un peu plus tard, le monsieur s'en était allé, et deux autres couples l'avaient remplacé. Le premier était assis face à nous, le second était installé à nos côtés. Ceux d'en face profitaient simplement de la vapeur, par contre, mes voisins directs étaient plus actifs. La fille avait fini par s'asseoir sur son mari qui la caressait doucement une main posée sur son sein et l'autre glissée entre ses cuisses. Lilou fixait intensément la fille. Je lui ai proposé de venir sur moi mais elle a refusé et s'est penchée vers mon sexe pour le happer. Avant que ses caresses ne m'emportent dans un tourbillon incontrôlable, je l'ai redressée puis j'ai posé ma main sur son ventre. Je l'ai sentie très réceptive. D'un accord tacite, nous venions de passer à une sorte de supplique silencieuse. Pendant que mes doigts fouillaient son être, elle entrouvrait les yeux de temps à autre, échangeant un regard avec l'autre fille. Toutes les deux me donnaient l'impression de communiquer, unies par un même plaisir. Lilou est venue très vite et sans retenue. Un peu plus tard dans la soirée, ce couple nous a rejoint dans un jacuzzi. Ils se sont installés face à nous. Rapidement, il s'est assis sur le rebord du bain, il avait le sexe tendu et elle le dégustait de part en part. Nous pouvions profiter pleinement de la scène. J'ai demandé à Lilou si elle les trouvait beaux, elle m'a murmuré "oui", si elle souhaitait qu'on les imite, elle m'a murmuré "non". Je crois qu'ils attendaient qu'on aille un peu plus loin avec eux. Mais là encore la limite n'a pas été franchie.

"Ce soir là, j'ai immédiatement senti que les autres couples présents partageaient le même état d'esprit que nous, en tous cas, ceux qui nous entouraient dans le hammam. Ça faisait plusieurs fois que nous venions au sauna, j'étais familiarisée avec les lieux, je me sentais plus en confiance, davantage prête à me "lâcher". Il est clair que le hammam est mon lieu de prédilection, il faut toujours que je reste dans la suggestion et les brumes vaporeuses m'ont souvent été d'un grand secours. Ce soir là, j'ai été envahie par une excitation extrême et j'ai éprouvé un plaisir très intense. Merci Enzo, merci de m'avoir fait connaître ces sensations. Je ne le regrette pas, bien au contraire. Au début, c'était toujours très difficile pour moi lorsque nous projetions une sortie. J'y pensais les jours qui précédaient, j'avais toujours une appréhension. Maintenant, j'y vais en toute décontraction car je sais que je vais passer un moment très agréable et que ce moment, je vais le partager avec la personne qui compte pour moi."

      J'aurais beaucoup d'autres souvenirs à vous conter, tant le sujet m'est agréable, mais je crois sincèrement que je vous ennuierai. Passons donc à une dernière histoire qui témoigne, elle aussi, d'une promenade joyeuse sur un sentier que je ne pensais pas emprunter. Nous avions écourté plusieurs balades dans les "cabines de repos". Le principe ne lui plaisait pas : trop voyeur. Je comprends ce sentiment et je n'ai jamais insisté. Pourtant, un soir, nous nous sommes aventurés dans ces loges et pour la première fois, nous avons fait des "choses". Mais peut être serait-il préférable de remonter le fil qui nous a menés jusque là. Comme je viens de vous le dire, nous avions déjà, à quelques occasions, joués les voyeurs dans les "coins câlins" sans que la situation lui plaise. Elle m'a toujours avoué que regarder délibérément les autres n'était pas sa tasse de thé. Je lui ai toujours avoué que j'y prenais un plaisir certain. Mais je suis un mauvais garçon et elle est une reine et on ne contrarie pas les reines. Alors comment ? Comment un soir sommes nous entrés dans les loges ? Comment un soir avons nous regardé un magnifique couple se donner du plaisir ? Comment un soir nous sommes nous installés sur un sofa pour écouter, voir, sentir les autres ? Comment, ce soir là, me suis-je trouvé attaché à une croix de Saint André, la bouche de Lilou entièrement vouée à mon plaisir ? En traversant un chemin qui me paraissait bien encombré mais qui nous a révélé ses secrets. Ce chemin, passe par les "boîtes échangistes" comme on les nomme de manière un peu brutale. À l'heure où j'écris ces lignes nous n'y avons mis les pieds que deux fois. Mais la deuxième reste décisive.

      Notre première sortie en club datait de moins d'un an. Nous n'avions fait qu'y passer. L'ambiance était très "sexe de grande consommation". A quoi devait-on s'attendre me direz-vous ? Et bien, à autre chose. Quelque chose de plus feutré, de plus intime. Bref, cette soirée ne demeura pas gravée dans nos mémoires. Mais on ne reste pas sur une mauvaise impression, alors pour notre anniversaire de mariage, nous avons passé un week-end en amoureux (nous nous offrons ce petit luxe chaque année) mais agrémenté d'une sortie dans un autre club. C'était à double tranchant, soit nous y retrouvions l'ambiance qui nous avait déplu, et nous n'aurions sans doute plus réitéré l'expérience, soit nous découvrions autre chose. Par bonheur, c'est ce qui s'est passé. À l'accueil, une charmante hôtesse qui dégageait, avec sa mini-jupe et ses hauts talons, une sorte d'autorité naturelle, nous a clairement rappelé les codes de la soirée. Trois autres couples attendaient avec nous pour entrer. Les dames rivalisaient d'audace dans leur tenue. Et Lilou ? Je la revois comme si elle se tenait devant moi à cet instant : une petite jupette, des talons, un string bijoux, un petit bustier ajouré, le tout de couleur noire. Avec son ventre nu et son nombril qui pointait. En entrant, nous nous sommes dirigés vers le bar pour siroter deux cafés. Très vite, trois filles assez volubiles ont réquisitionné trois garçons avec qui elles discutaient pour les faire asseoir sur le bar, dégrafer leurs pantalons et entamer simultanément une fellation digne de figurer au journal du hard. Le cadre était posé, je n'osais pas trop regarder du côté de Lilou. Nous avons fini nos cafés et sommes allés nous installer du côté des sofas qui entouraient la piste de danse. La musique était très agréable, nous avons dansé un long moment, retournant nous asseoir pour souffler un peu, repartant sur la piste. L'ambiance était très détendue, les couples s'amusaient. Au bar, l'équipe qui nous avait accueillis continuait à faire le show. Lilou les observait de temps à autre mais je n'ai aucune idée de ce qu'elle en pensait. Lorsque je lui ai proposé d'aller découvrir le coin câlins, elle n'a pas rechigné. Le décor était classique, feutré, avec une douce lumière, des sofas, un grand lit entouré de banquettes, un miroir sans tain, quelques recoins avec les accessoires habituels. Des couples s'adonnaient aux plaisirs de la chair. Nous nous sommes embrassés, caressés, un peu, puis sommes repartis profiter du rythme des danses. Nous nous sommes assis, avons regardé les autres danser en buvant une flûte de champagne frais. Lilou me paraissait détendue, mes caresses et mes baisers devenaient plus insistants. J'ai senti sa main se poser sur mon entrejambe et me saisir à travers l'étoffe du pantalon. Nous avons profité un long moment de ces étreintes interrompues par d'agréables pas de danse. J'ai fini par lui proposer de retourner dans les loges pour profiter plus entièrement. Elle s'est levée et m'a suivi. Je dois avouer qu'aujourd'hui encore lorsque je lui propose de franchir un pas, j'ignore tout de sa réponse mais je l'attends sans anxiété et je l'accueille sans contrariété. Pour être totalement honnête, je dois avouer que cela n'a peut être pas toujours été le cas mais j'ai grandi et aujourd'hui, je la laisse me porter au gré de ses envies. J'ai mis assez longtemps à m'adapter à son mode de fonctionnement, à comprendre ce besoin irrépressible qu'elle a d'être guidée, d'être " mise sur les rails". Ensuite c'est elle qui prend les commandes, c'est elle qui devient le guide. Mais revenons à nos loges, nous étions maintenant au milieu des autres couples, Lilou n'avait conservé que ses chaussures et son bustier. Elle était assise sur le bord d'un sofa, j'étais agenouillé devant elle, ses mollets posés sur mes épaules. Elle m'ouvrait son intimité que je m'appliquais à cajoler. Une fille près de nous gémissait rageusement. J'ai invité Lilou à lui "faire de la concurrence", je crois que c'est le terme exact que j'ai employé. Elle m'a écouté. Je ne sais pas quelle voix a dominé l'autre. Elle est ensuite venue s'asseoir sur moi, nous nous sommes débarrassés de son bustier rapidement. Nous étions installés juste en face l'entrée des loges. Je pensais que la première vision qu'avaient les nouveaux venus, était celle du torse arrogant de Lilou et de son ventre planté sur moi. Nous avons profité de ce moment sans retenue et l'avons partagé avec beaucoup de bonheur. Le lendemain, nous avons passé la journée à la plage. Je sentais qu'un cap venait d'être franchi. Comme n'importe quel garçon l'aurait fait ce jour là, j'ai pressé Lilou de questions. Est-ce qu'elle avait aimé ? Est-ce qu'elle y avait vraiment pris du plaisir ? Est-ce que ça lui dirait de recommencer ? Toujours cet empressement qui nous caractérise et qui nous empêche parfois de profiter pleinement du présent.

"Toujours munie de mes semelles de plomb, me voila partie en Club. Nouveau milieu, nouveau domaine à apprivoiser, pas simple. La première sortie n'a pas été une réussite, le Club n'était pas au top, la musique était abrutissante et les coins câlins un peu "limite". Nous ne nous sommes pas vraiment amusés et la soirée a été vite écourtée. Mais comme il ne faut jamais rester sur une mauvaise impression, nous avons renouvelé l'expérience lors de notre anniversaire de mariage. Au premier abord, l'hôtesse m'a parue un peu sévère mais ce type d'accueil un peu rude est finalement nécessaire pour bien poser le cadre d'une soirée et du rôle qu'elle y tient. Je pénètre donc dans l'antre un peu sur la pointe des pieds mais sans a priori, nous verrons bien ! La soirée commence très "hard" au bar et déjà, je suis un peu mal à l'aise. Au fil de la soirée, j'ai compris que ces personnes étaient plutôt là pour assurer le spectacle. La musique était sympa, en tous cas, elle nous correspondait bien, nous étions entourés de couples simples et les tenues étaient sexys. Tout le monde dansait en se contentant d'allumer son partenaire, ce qui n'avait pas été forcément le cas la première fois où j'avais dû écarter quelques mains baladeuses assez gênantes. Nous avons alterné les danses, les pauses, une petite visite, juste pour voir un peu, dans les coins câlins. Nous avons fait monté notre désir. Tout allait crescendo, et au bout d'un moment j'ai senti que nous étions mûrs. Nous nous sommes dirigés vers les endroits tranquilles. Tout est allé très vite. Dans la pénombre et au milieu d'autres personnes, nous avons fait l'amour. On peut vraiment dire ça ainsi, c'était pour moi, avant tout, un acte d'amour très fort. Tellement fort que ma jouissance a été démultipliée. Cette soirée a été pour moi une expérience inoubliable. Je pense que je ne l'aurais pas vécue de façon aussi intense si nous n'étions pas passés plusieurs fois par le sauna. Cela m'a permis de gravir les échelons, d'apprendre à profiter des couples qui nous entouraient et d'en faire abstraction à certains moments. Tout ce cheminement m'a été nécessaire pour profiter pleinement de ces situations."

      Et la croix de Saint André ? J'y reviens, j'y reviens. Ce soir là, en entrant au sauna, je savais que Lilou était prête à m'accompagner dans les loges et pas uniquement pour observer. Nous avons passé un long moment au bar à discuter avec le patron des lieux puis nous avons passé un long moment dans les bains puis je lui ai proposé d'aller dans les salons. Dans les salles du bas, il y avait peu de monde, seulement un couple installé dans le grand lit rond. À l'étage la première loge était occupée par deux couples qui se mêlaient dans un ballet soutenu. Un homme et une femme les observaient. J'ai remarqué la deuxième loge vide. Je me suis emparé de la main de Lilou, elle m'y a accompagné. Je lui ai confié mon envie et me suis retrouvé attaché à la croix ma fierté droite comme un i et ses lèvres posées dessus. J'étais exposé face aux regards de deux couples curieux. À côté, le ballet gagnait en intensité, en tout cas pour une des participantes. Notre manège intéressait de plus en plus un des deux couples qui lorgnait vers nous, discutait, regardait de nouveau. Lilou ne les voyait pas, bien sûr, mais je suis persuadé qu'elle les sentait. L'homme a pris la main de sa compagne. Ils se sont installés tout près de nous à la recherche de leur plaisir. Les frôlements, les souffles, les gémissements des deux loges se sont mêlés. Une explosion de couleurs.

"Que de chemins parcourus pour en arriver là ! C'est vrai que mes premières expériences dans les cabines n'ont pas été concluantes, Enzo a raison, le côté voyeur m'a toujours rebutée et me rebute encore. Je suis autant gênée de me planter devant les autres pour les regarder que lorsque les autres se plantent devant moi pour m'observer. Mais peut être qu'un jour je passerai le cap. Ce soir là, l'ambiance était soft. Après un agréable moment passé dans les bains et une petite pause au bar, nous avons fait un détour dans les loges. Toujours pour les mêmes raisons, j'ai tendance à traîner un peu les pieds. Mais me voila partie. Collée à Enzo, sans trop oser regarder ce qui se passe un peu partout, l'exploration commence. Toutes les personnes présentes s'affairent de manière appliquée. Des râles de plaisir se font entendre ça et là. Toujours guidée par Enzo, je me retrouve dans le coin qui recèle la croix de Saint André. Elle me rappelle de bons souvenirs, mais si, souvenez-vous, la série photo du sauna ! D'autorité, Enzo s'y accroche. Et il peut être tout à moi. Quel bonheur ! J'essaie de m'appliquer, de le faire jouir tant que je peux. Je le connais bien et j'imagine son ressenti, s'il pouvait, il décollerait de plaisir. J'entends les couples dans le coin d'à côté puis un autre vient s'installer près de nous. Comme toujours dans ces cas là, je nous installe dans notre bulle. Elle me permet de capter toutes les vibrations d'Enzo, de l'amener à une excitation intense, de l'amener à une jouissance totale. Le sentir se tendre, se gonfler sous mes doigts, dans ma bouche fait monter en moi une vague de chaleur qui envahit tout mon ventre. Après l'avoir mené au bout, je n'avais plus qu'un désir, profiter de son sexe pour pouvoir libérer la tension qui s'était logée en moi. En fin de compte, donner du plaisir à Enzo, induit en moi un terrible désir et les couples qui nous entourent deviennent alors des catalyseurs qui me permettent de décupler mes sensations."

      Voilà. Je vous ai décrit le plus fidèlement possible quelques arrêts de gare où nous sommes descendus. Je n'ai aucune idée des sentiments qu'ils pourront vous inspirer mais ils témoignent de tout l'amour que j'éprouve pour la voyageuse qui m'accompagne.

"Enzo a raison, il faut toujours qu'il allume la mèche. J'aime qu'il soit l'initiateur. J'aime ce que nous pouvons partager tout au long de nos voyages et je prends beaucoup de plaisir à l'accompagner."
Photo originale Pascal Renoux - Traitement Jardin Secret