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Le temple
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| Réveillée
très tôt par le soleil qui pénètre dans la chambre,
je passe quelques longues minutes à m'étirer dans le lit
tiède. Je regarde ma montre. Il me reste une heure pour me
préparer, boucler mon sac et prendre un petit déjeuner. J'enfile
un T-shirt et un caleçon et fonce à travers le couloir prendre
une douche. Je sais qu'elle sera froide, l'eau chaude est un luxe rare dans ces
petits hôtels. Je me console en me disant que ça me donnera un
coup de fouet. Je prends une grande respiration avant d'ouvrir le robinet. Je
le tourne d'un coup sec. Une onde glacée m'envahit. Je me savonne
rapidement, me rince, stoppe l'eau et me frictionne vivement à l'aide de
ma serviette éponge. Ayant regagné ma chambre, je me glisse dans un jean et un T-shirt propre, m'attache les cheveux, prends mon sac et descends. Le réceptionniste me dirige vers une petite salle sombre pour prendre le petit déjeuner. Je n'ai pas très faim. J'avale une tasse de café noir avec deux sucres, en me disant que c'est peut être mieux ainsi. Un long périple en bus m'attend et dans ces chemins montagneux mieux vaut éviter d'avoir l'estomac trop rempli. Je règle ma chambre, mon repas et mon petit déjeuner et demande au réceptionniste où se trouve l'arrêt de bus. Il m'indique une boutique située dans la rue principale. L'arrêt se trouve devant celle-ci. Je m'y dirige. Quelques personnes attendent déjà sur le trottoir. Les conversations vont bon train. Je me renseigne pour savoir si le bus de neuf heures va bien jusqu'au village d'Atalaya. J'explique que je souhaite visiter le temple de la région. Une vieille dame me dit que pour y aller, il me faudra demander un certain Pedro. Il tient une quincaillerie, épicerie, boulangerie... En fait, il tient le seul commerce du village et comme l'activité n'est pas très importante, il sert aussi de guide aux touristes. Le temple n'est accessible qu'à pied, par de petits chemins de terre qui traversent la forêt. Tout à coup, les conversations s'arrêtent. C'est le bus qui arrive. Je ne saurais dire quelle est sa couleur tant il est couvert de poussière. Il est déjà bondé et je me demande comment nous allons pouvoir tous embarquer. Il fait une chaleur irrespirable. Je me retrouve à côté d'une péruvienne qui ressemble à celles que j'ai pris l'habitude de voir dans les magazines photos. Elle est chargée de provisions qu'elle a achetées à la grande ville. Dans un fracas épouvantable et au milieu d'un nuage de poussière et de gaz d'échappements le bus entame la suite de son périple. Tout vibre à l'intérieur, j'ai l'impression que l'on va perdre quelque chose. Je serais incapable de dire par quel chemin nous sommes sortis du village tant c'était embrumé. Au bout de quelques minutes, le bus atteint sa vitesse de croisière, pas vraiment élevée. Je sais que j'en ai pour trois heures, sans arrêt, sur des routes chaotiques. Je scrute le paysage. On se retrouve rapidement dans une forêt dense et flamboyante. Petit à petit, la pente s'accentue et la végétation change. On voit apparaître des sommets. Ils sont extrêmement hauts comme en témoigne leur calotte de neige éternelle. Les roches sont très noires. Notre parcours est de plus en plus tortueux. On peut distinguer maintenant des cascades au fond du ravin. Malgré le roulis du bus et les branle-bas de la chaussée, j'ai l'impression d'avoir des ailes tant le paysage est majestueux. Nous passons un col et amorçons la descente vers le village de Satipo. Je suis comme bercée, le bruit et l'altitude m'assomment. Je finis par m'assoupir. À mon réveil, nous avons déjà traversé Satipo et il ne nous reste plus qu'une heure pour arriver à Atalaya. Une heure pendant laquelle je laisse planer mon esprit dans ces mystérieuses montagnes. Le village se trouve dans les sommets de la cordillère Vilcabamba. Nous arrivons avec une légère avance sur l'horaire. Bien que la notion de temps me paraisse très relative dans ces régions. À la descente du bus, je m'empresse d'enfiler un sweat car la température ambiante s'est sérieusement rafraîchie. Je demande à un vendeur de piment s'il connaît le magasin de Pedro. Il me dit qu'ici, tout le monde connaît tout le monde et donne des instructions à un enfant pour qu'il m'accompagne. Ici, les gens ne sont pas forcément bavards mais ils sont très serviables. Je me faufile derrière le gamin dans des ruelles étroites et me retrouve devant l'échoppe en question. Je remercie mon guide et lui tend une pièce de monnaie. Je pousse la porte de la boutique et j'ai un mouvement de surprise. C'est vraiment le magasin du "tout". Un fouillis invraisemblable règne sur les étagères. Sur le côté, une petite salle sert apparemment de salle à manger. Un homme s'approche et me demande ce que je veux. Il a une taille bien supérieure à celle des péruviens que j'ai croisés jusqu'ici mais son visage porte les traits caractéristiques des habitants du coin. Je lui dis que je cherche un dénommé Pedro. "Soy yo". Je commence à lui expliquer que je veux aller au temple. Sans explication, il s'éloigne puis revient en tenant à la main une carte de la région. Il la déplie et trace un chemin avec son index en me disant que si je veux y aller aujourd'hui, il faut partir dans une heure. Je lui dis que je vais profiter du temps qui reste pour avaler quelque chose et recharger mes batteries. Il m'indique une table et m'apporte une assiette bombée d'un mélange de viande, de maïs, de haricots rouges, de poivrons... Il pose l'assiette devant moi et sort de sa poche une feuille où est inscrit le matériel indispensable pour la petite randonnée. Je m'aperçois alors qu'il me manque une lampe de poche. J'envoie un coup d'il vers le magasin mais n'arrive pas à distinguer ce que je cherche dans le bric à brac. Je lui dis qu'il me manque une lampe. Il sourit en me répondant que je n'ai aucun souci à me faire, qu'il a tout ce qu'il faut mais qu'on verra ça après le repas. J'ai vite été rassasiée mais par crainte de le froisser, je suis arrivée à bout de l'assiette. Après avoir bu le café, je me dirige vers Pedro qui finissait de mettre deux casse-croûtes dans son sac. Il avait aussi déjà emballé la lampe de poche. Je lui dis que je voulais emporter quelques provisions avec moi car j'avais l'intention de passer la nuit près du temple. Une fois le tout chargé et ma note réglée, nous mettons nos sacs sur le dos et nous sortons. Sur le pas de la porte, mon guide s'arrête pour donner quelques dernières recommandations à son épouse qui tient le magasin pendant son absence. Dehors, l'air est toujours aussi vif mais un soleil radieux brille au milieu du ciel. Nous rejoignons vite le sentier. Pedro marche d'un bon pas mais je ne lui laisse que quelques centimètres devant moi. Entre l'effort, l'altitude, et peut être le café, j'ai l'impression que mon cur va sortir de ma poitrine. Des gouttes de sueur commencent à perler à mon front. Pedro se retourne et, voyant mon visage, me demande si tout va bien. J'acquiesce mais compréhensif il ralentit un peu le rythme et passe à côté de moi. Il me dit que nous allons marcher encore deux heures ensemble et qu'ensuite, il fera demi-tour. Il ne me restera alors plus qu'une demi-heure pour arriver au temple. Voyant mon affolement, il s'empresse de me rassurer en me disant qu'il n'y a qu'un seul chemin et qu'il est impossible de se perdre. Il m'explique aussi que s'il veut rentrer avant la nuit il devra rebrousser chemin avant le temple. Il m'indique que nous ferons une pause dans une heure et se décide à repasser devant pour imprimer le rythme. Jusqu'à notre arrêt nous n'avons plus échangé une parole. Arrivés dans une petite clairière, nous nous installons chacun sur une pierre pour reprendre lentement notre souffle. Après de longues gorgées d'eau et une galette de maïs, Pedro se rapproche de moi et me tend un papier. Je le regarde sans rien comprendre. Il y a des rectangles, des carrés, des ronds, ça ressemble à un plan. Les explications qu'il me donne le confirment. Il met une croix dans un des carrés en m'indiquant que cet endroit du temple a été légèrement aménagé pour les personnes qui veulent dormir sur place. Il m'indique qu'en sortant de cette pièce, il suffit de faire quelques pas pour trouver une source et des branchages secs pour faire un petit feu. Je replie le précieux papier et le met dans ma poche. Pedro se lève, la pause est finie. Si on veut être dans les temps, il faut se remettre en route. Je n'ai pas vu passer la dernière heure de marche. Maintenant, la végétation a diminué. Quelques plantes d'altitude sont là. De loin elles se ressemblent toutes. Pedro stoppe subitement. Il me dit qu'il faut que je poursuive sur ce chemin que je vais légèrement monter et qu'en haut de la butte, j'apercevrais le temple. Je lui demande s'il est sûr de ne pas vouloir m'accompagner. Il me dit que non, qu'il n'aime pas cet endroit. Des vieux racontent qu'il s'y passe des choses bizarres que nous, les "estranjeros", ne pouvons pas comprendre. Il me souhaite bon courage et ne traîne pas. Sans que j'ai le temps de réaliser, je me retrouve seule avec les montagnes pour toute compagnie. J'ai un peu les jambes chancelantes mais je me fais violence et reprends rapidement mes enjambées. Au sommet de la colline, je reste plusieurs minutes en contemplation. Le temple est là, juste en contrebas, puissant, magnifique. Je me mets à courir mais je suis vite stoppée par le manque d'air. L'altitude ne permet pas ce genre de fantaisie. Arrivée en bas, je commence par faire le tour des édifices puis je sors le plan de ma poche. J'arrive à me repérer. Les dessins de Pedro sont assez clairs. J'entre dans la pièce qui sert de gîte. Il y a une table, quelques tabourets, des assiettes et des verres posés sur une étagère et des couverts dans un pot de terre. En me retournant, j'aperçois une planche accrochée au mur. C'est un lit. Je pose mon sac et décide d'aller faire une visite plus complète. Je devine ce qui doit être l'entrée principale et m'y dirige. Après avoir gravi quelques marches, je me retrouve dans une grande salle éclairée par les rayons du soleil qui pénètrent à travers de petites ouvertures placées en haut des murs. Il y a des statues étrusques de taille humaine. Elles sont restées parfaitement intactes. Dans une autre pièce, il y a des frises sculptées sur le haut des murs. Cette partie ne comporte que quatre salles. De l'extérieur, cela paraissait beaucoup plus grand mais les murs sont tellement épais que l'espace intérieur est réduit. Je me rends compte, tout à coup, que la lumière du soleil diminue. À l'intérieur, le temps semble s'écouler plus vite Peut-être les phénomènes étranges dont parlait Pedro. Je rejoins alors mon petit logement en me disant que je poursuivrais la visite le lendemain. Après m'être rapidement restaurée, je m'enfonce dans mon duvet prête pour une nuit réparatrice. Après quelques minutes, je m'aperçois que je suis bien trop excitée pour dormir, des fourmis me parcourent les jambes. Je m'extrais de mon nid douillet, enfile une polaire et sors. Le ciel est tout étoilé. Un calme extraordinaire m'entoure. Je me tourne vers l'entrée du temple et me dis que je pourrais y aller. Je saisis la précieuse lampe de Pedro et me retrouve rapidement dans la salle principale. En faisant des ombres, la torche donne un peu de vie aux statues. Je m'approche d'une d'entre elles et braque le faisceau dessus, la balayant de haut en bas. Le visage est d'une finesse incroyable. J'arrive au torse, tellement bombé que j'ai l'impression qu'un cur bat à l'intérieur. Je descend encore et là, je découvre son sexe. Il me semble pourtant qu'il était vêtu d'un pagne. Je descends sur ces jambes puis intriguée remonte lentement la lumière mais mais son sexe est tendu ! Il me semble qu'une odeur se dégage de la statue. Je fais un pas en avant pour me rapprocher et sans savoir pourquoi, je prends dans ma bouche ce membre froid et dur. Il a des courbes agréables, je le lèche de part en part en me disant qu'il a peut être besoin d'être réchauffé. Je poursuis cette tâche avec application, méticuleusement. Je le sens tiédir. A-t-il bougé ? Non, je rêve, c'est la fatigue. Je continue et sens maintenant une main se poser sur mon épaule. C'est la statue qui bouge. Je fais un pas en arrière, tourne sur moi même pour éclairer tout ce qui m'entoure et là, oh stupeur ! Les quatre statues ont pris forme humaine. C'est un vrai plaisir pour les yeux. Ils s'approchent lentement de moi en me parlant. Je ne comprends malheureusement rien, ils utilisent sans doute un vieux dialecte. Je suis tétanisée mais leurs voix sont envoûtantes. Ils commencent à me déshabiller. Bizarrement, je ne sens plus le froid. Huit mains s'affairent sur moi et avec quelle douceur. L'un d'entre eux se place face à moi. Il a des yeux fascinants. Il pose ses deux mains sur mes seins et commence à m'embrasser goulûment. Il a un léger goût de vanille. Je ferme les yeux et me laisse emporter par un tourbillon de caresses. Ils me portent et m'allongent sur le sol. Il y en a un qui m'embrasse, un qui me pelote, un autre qui suce mon sexe et le dernier qui caresse mes jambes. Je sens ma vulve se gonfler de plaisir. Des doigts entrent en moi et d'autres s'activent sur mon clitoris. Des dents me mordillent les seins et une langue me mouille le ventre. On m'excite par tous les bouts et c'est réussi. Pas une partie de mon corps n'est abandonnée. J'ai même droit à des massages. Peut-être des techniques très anciennes, je sens leurs doigts toucher toutes mes zones érogènes à tel point qu'ils me provoquent trois orgasmes simultanés. Je dis orgasme mais ça n'a rien de comparable avec ce que j'ai déjà ressenti. Mes doigts s'enfoncent dans le sol quand je me sens pénétrée par un sexe chaud. Je pousse un cri de plaisir. Je n'ai jamais été excitée à ce point. Mes fesses se lèvent et se baissent dans une cadence infernale. J'ai l'impression de ne plus avoir de corps, de n'être qu'un sexe avide de jouissance. J'ai la sensation de flotter. Je sens leurs bites entrer et sortir de moi. Ils me donnent des coups de queue à tour de rôle sans que j'ai l'impression de pose entre chacun. C'est comme si un homme à quatre visages me faisait l'amour. Mon plaisir monte vertigineusement. Ils doivent le sentir car leurs coups de reins sont plus rapides. Puis un mouvement plus accentué fait éclater mon sexe. Je suis prise de vertiges. Il me semble que je tombe. Je perds connaissance. Au petit matin, je me réveille dans mon duvet, habillée, encore groggy. Je me redresse sur le lit laissant les souvenirs de la veille revenir à mon esprit. Je me dis que j'ai rêvé. Je regarde autour de moi, tout est en place. La fatigue aidant j'ai dû faire cet étrange songe. Je m'étire, me lève et prépare un feu pour me faire chauffer un peu d'eau. Je sors et tourne la tête vers l'entrée du temple. Je suis comme aimantée, je veux en avoir le cur net. Je passe l'entrée et me dirige dans la pièce principale, fais le tour de la salle. Les statues sont toujours là. Avec leurs pagnes. Je pose ma main sur l'une d'elles. Elle est effectivement bien froide. Je suis un peu déçue. Puis je fais demi-tour, mon eau doit être chaude. En repartant, je trébuche sur quelque chose. Je me retourne. Ma lampe de poche traîne au milieu de la pièce Je la ramasse et me dirige vers le gîte. |